Domaine de définition, courbe représentative, parité, variations, taux d'accroissement, extremums, et les fonctions de référence (parabole, hyperbole, homographique) : le cours complet, puis 28 exercices corrigés.
Fonction numérique, ensemble de définition, courbe
Le vocabulaire de base — image, antécédent, domaine — et la représentation graphique.
I
Fonction numérique d'une variable réelle
Définition
Une fonction numériquef associe à chaque élément x d'un ensemble, au plus, un seul réel noté f(x). On note :
f:x⟼f(x)
x est la variable, f(x) est l'image de x par f
Vocabulaire
Si y=f(x), on dit que y est l'image de x par f, et que x est un antécédent de y par f.
Si l'image de x existe, on dit que f est définie en x.
L'ensemble de tous les réels qui ont une image par f est appelé ensemble (ou domaine) de définition de f, noté Df.
x∈Df⟺f(x)∈R.
Exemples résolus — ensemble de définition
f(x)=x1 : il faut x=0, donc Df=R∗=]−∞,0[∪]0,+∞[.
f(x)=x : il faut x≥0, donc Df=[0,+∞[.
f(x)=2x : fonction polynomiale, définie pour tout réel, donc Df=R.
II
La courbe représentative d'une fonction
Définition
Le plan P est muni d'un repère (O,,)(en général orthonormé). On appelle courbe représentative de f, notée (Cf), l'ensemble des points M(x,f(x)) où x∈Df.
M(x,y)∈(Cf)⟺x∈Dfety=f(x)
équation cartésienne de la courbe : y = f(x)
III
Égalité de deux fonctions
Définition
Deux fonctions f et g, définies respectivement sur Df et Dg, sont égales (on écrit f=g) si et seulement si :
Df=Dg,
pour tout x∈Df, f(x)=g(x).
Si f=g, alors les courbes (Cf) et (Cg) sont confondues. Attention : deux fonctions qui coïncident partout où elles sont toutes les deux définies ne sont pas forcément égales — il faut aussi que leurs domaines soient identiques !
Exemple résolu — un piège classique
h(x)=xx2−x a pour domaine Dh=R∗ (il faut x=0). Pour x=0, h(x)=xx(x−1)=x−1.
Soit t(x)=x−1, définie sur Dt=R.
Bien que h(x)=t(x) partout où h est définie, on a Dh=Dt (0 est dans Dt mais pas dans Dh) : donc h=t.
02 · Étudier une fonction
Parité, sens de variation, taux d'accroissement, extremums
Les quatre outils qui permettent de décrire complètement le comportement d'une fonction.
IV
Fonction paire, fonction impaire
Définitions
Soit f définie sur Df.
f est paire sur Df ssi, pour tout x∈Df : −x∈Df et f(−x)=f(x).
f est impaire sur Df ssi, pour tout x∈Df : −x∈Df et f(−x)=−f(x).
Fonction paire
La courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. Le domaine d'étude est DE=Df∩R+.
Fonction impaire
La courbe est symétrique par rapport à l'origine du repère. Le domaine d'étude est aussi DE=Df∩R+.
Exemples résolus
f(x)=3x2+5 : Df=R, symétrique. f(−x)=3(−x)2+5=3x2+5=f(x). f est paire.
f(x)=7x3+2x : Df=R, symétrique. f(−x)=7(−x)3+2(−x)=−7x3−2x=−f(x). f est impaire.
V
Sens de variation d'une fonction
Définitions
Soit I⊂Df un intervalle. Pour tous x,x′∈I :
fcroissante sur I ssi x<x′⇒f(x)≤f(x′).
fstrictement croissante ssi x<x′⇒f(x)<f(x′).
fdécroissante ssi x<x′⇒f(x)≥f(x′).
fstrictement décroissante ssi x<x′⇒f(x)>f(x′).
fconstante sur I ssi f(x)=f(x′) pour tous x,x′∈I.
Vocabulaire
Croissante ou décroissante : on dit que f est monotone. Strictement croissante ou strictement décroissante : strictement monotone. Le tableau qui résume Df et les variations de f est le tableau de variation.
Exemple résolu — f(x) = 5x − 3
Soient x<x′. Alors 5x<5x′ (on multiplie par 5>0, l'ordre est conservé), donc 5x−3<5x′−3, c'est-à-dire f(x)<f(x′).
f est strictement croissante sur ℝ.
VI
Taux d'accroissement
Définition
Soient x,x′∈I⊂Df, x=x′. Le taux d'accroissement de f entre x et x′ est le nombre :
Tf=x−x′f(x)−f(x′)
Propriété — le lien avec les variations
Si Tf>0 sur I : f est strictement croissante sur I.
Si Tf<0 sur I : f est strictement décroissante sur I.
Si Tf=0 sur I : f est constante sur I.
Exemple résolu — f(x) = 5x − 3, encore
Tf=x−x′(5x−3)−(5x′−3)=x−x′5(x−x′)=5.
Tf=5>0 : on retrouve que f est strictement croissante sur ℝ.
VII
Extremums d'une fonction
Définitions
Soit a∈I⊂Df.
f(a) est une valeur maximale de f sur I ssi f(x)≤f(a) pour tout x∈I.
f(a) est une valeur minimale de f sur I ssi f(a)≤f(x) pour tout x∈I.
Un extremum est un maximum ou un minimum. Si I=Df, on parle d'extremum absolu ; sinon, d'extremum relatif (local).
Exemple résolu — un minimum absolu
Soit f(x)=5x2+3. Pour tout x∈R : f(x)−f(0)=5x2+3−3=5x2≥0, donc f(x)≥f(0).
f(0)=3 est donc une valeur minimale (absolue) de f sur ℝ.
03 · Les fonctions de référence
Étude des fonctions ax², a/x, ax²+bx+c et (ax+b)/(cx+d)
Quatre familles de fonctions à connaître par cœur, avec leur courbe, leurs variations, et la méthode de translation.
VIII.A
La fonction f(x) = ax² (a ≠ 0)
Df=R. Comme f(−x)=a(−x)2=ax2=f(x), f est paire. Le domaine d'étude est DE=[0,+∞[.
Pour x,x′≥0, x=x′ : Tf=x−x′ax2−ax′2=a(x+x′). Comme x+x′>0, le signe de Tf est celui de a.
Propriété
Si a>0 : f strictement décroissante sur ]−∞,0], strictement croissante sur [0,+∞[, minimum f(0)=0. La courbe est une parabole tournée vers le haut.
Si a<0 : f strictement croissante sur ]−∞,0], strictement décroissante sur [0,+∞[, maximum f(0)=0. Parabole tournée vers le bas.
Dans les deux cas, la courbe est une parabole de sommet l'origine O, d'axe de symétrie (Oy).
VIII.B
La fonction f(x) = a/x (a ≠ 0)
Df=R∗. f(−x)=−xa=−f(x) : f est impaire. Domaine d'étude DE=]0,+∞[.
Pour x,x′>0, x=x′ : Tf=x−x′xa−x′a=xx′−a.
Propriété
Si a>0 : Tf<0, donc f est strictement décroissante sur ]0,+∞[ — et, par imparité, strictement décroissante aussi sur ]−∞,0[.
Si a<0 : Tf>0, donc f est strictement croissante sur les deux intervalles ]−∞,0[ et ]0,+∞[.
La courbe est une hyperbole, de centre de symétrie O, d'asymptote horizontale (Ox) et d'asymptote verticale (Oy).
VIII.C
La fonction f(x) = ax² + bx + c (a ≠ 0)
Propriété (admise) — forme canonique
f(x)=ax2+bx+c s'écrit f(x)=a(x+α)2+β avec α,β∈R. La courbe (Cf) est une parabole, de sommet S(−α,β), d'axe de symétrie x=−α, obtenue à partir de la courbe de g(x)=ax2 par la translation de vecteur u=−α+β.
Exemple résolu — f(x) = x² − 4x + 3
a=1>0, b=−4, c=3. Forme canonique :
f(x)=a(x+2ab)2−4aΔ=(x−2)2−1
Donc α=−2 et β=−1 : sommet S(2,−1), axe de symétrie x=2.
a=1>0 : f est strictement décroissante sur ]−∞,2] et strictement croissante sur [2,+∞[, minimum f(2)=−1.
VIII.D
La fonction homographique f(x) = (ax+b)/(cx+d)
Propriété (admise)
Si c=0 et Δ=ad−bc=0, f(x)=cx+dax+b s'écrit f(x)=β+x+αk (avec x=−α). La courbe est une hyperbole de centre S(−α,β), d'asymptote horizontale y=β et d'asymptote verticale x=−α, obtenue à partir de g(x)=xk par la translation de vecteur u=−α+β.
Signe de k et sens de variation
Comme pour a/x : si k>0, f est strictement décroissante sur chacun des deux intervalles de Df ; si k<0, f est strictement croissante sur chacun des deux intervalles.
Exemple résolu — f(x) = (x−1)/(x+2)
Df=R∖{−2}. On écrit x−1=(x+2)−3, donc :
f(x)=x+2(x+2)−3=1−x+23
D'où α=2, β=1, k=−3. Centre S(−2,1), asymptotes x=−2 et y=1.
k=−3<0 : f est strictement croissante sur ]−∞,−2[ et sur ]−2,+∞[.
À toi de jouer
Série d'exercices · Généralités sur les fonctions
28 exercices corrigés en détail (Prof. Atmani Najib). Cherche sur ton cahier, puis clique pour vérifier.
0 / 28 vérifiés
1
Calculer des images, chercher des antécédents
Soit f(x)=3x2−1.
Calculer l'image de 1, de 2 et de −1 par f.
Déterminer les antécédents éventuels de 2 par f.
2
Valeurs sans image
a) f(x)=x−31 : parmi 0 ; 2 ; −3 ; 3, laquelle/lesquelles n'a/ont pas d'image par f ?
b) g(x)=x−3 : parmi 0 ; 2 ; −3 ; 4, laquelle/lesquelles n'a/ont pas d'image par g ?
c) h(x)=7−x1 : parmi 5 ; −6 ; 9 ; 7, laquelle/lesquelles n'a/ont pas d'image par h ?
3
21 ensembles de définition à déterminer
1) f(x)=3x2−x+1
2) f(x)=2x−4x3
3) f(x)=x2−42x4
4) f(x)=x3−2x7x−1
5) f(x)=−3x+6
6) f(x)=2x2−5x−3x−5
7) f(x)=x2−3x+2
8) f(x)=x+1−3x+9
9) f(x)=−2x2+x+3x+1
10) f(x)=x2+1∣x−5∣
11) f(x)=x∣x∣
12) f(x)=x−1x+2
13) f(x)=−2x2+x+3
14) f(x)=x2+1∣x−5∣
15) f(x)=x∣x∣
16) f(x)=2x+4x−2
17) f(x)=3x2−x1+−x
18) f(x)=∣2x−4∣−∣x−1∣x
19) f(x)=2cosx−12sinx
20) f(x)=x2−x−6−2x2+2x+13
21) f(x)=x2+(23−2)x−26
4
f = g ? (cas où c'est vrai)
Soient f(x)=x23x2+1 et g(x)=∣x∣1+3x2. Est-ce que f=g ? Justifier.
5
h = t ? (cas où c'est faux)
Soient h(x)=xx2−x et t(x)=x−1. Est-ce que h=t ? Justifier.
6
Tracer la courbe de f(x) = 1/(x²+1) sur [−2,3]
Tracer la représentation graphique de f(x)=x2+11 sur I=[−2,3].
7
Le graphe d'une fonction affine
Que représente la courbe représentative d'une fonction affine f(x)=ax+b (avec a,b∈R) ?
8
Tracer la courbe de f(x) = |2x + 3|
Tracer la représentation graphique de f(x)=∣2x+3∣.
9
Tracer la courbe de f(x) = |x−2| + |x+2|
Tracer la représentation graphique de f(x)=∣x−2∣+∣x+2∣.
10
Lecture graphique sur [−6, 7]
La courbe ci-dessous représente une fonction f définie sur [−6,7] (ligne brisée passant par les points (−6,−4), (−3,2), (0,−1), (2,2), (4,2), (7,−4)).
Quelles sont les images des réels −5, −3, 0 et 6 ?
Quels sont les antécédents de −1 et de 0 ?
Résoudre graphiquement f(x)=0.
Quel est, en fonction de m, le nombre de solutions de f(x)=m ?
Dresser un tableau de variation à partir d'une courbe
La courbe ci-dessous représente une fonction sur [−5,5] (ligne brisée par les points (−5,5), (−2,−2), (1,2), (5,0,5)). Dresser son tableau de variation.
15
Domaine, taux d'accroissement et variations de f(x) = 3x² + 2
Déterminer Df.
Calculer le taux d'accroissement de f entre x1 et x2 (x1=x2).
Étudier les variations de f sur [0,+∞[ et sur ]−∞,0].
Dresser le tableau de variation de f.
16
Domaine, taux d'accroissement et variations de g(x) = x/(x+1)
Déterminer Dg.
Calculer le taux d'accroissement de g entre x1 et x2 (x1=x2).
Étudier les variations de g sur I=]−∞,−1[ et J=]−1,+∞[.
Dresser le tableau de variation de g.
17
Étude complète de f(x) = x + 1/x
Déterminer Df et étudier la parité de f.
Calculer le taux d'accroissement T(x1,x2) entre x1=x2 de Df.
Étudier les variations de f sur I=]0,1] puis sur J=[1,+∞[.
En déduire les variations de f sur Df.
Dresser le tableau de variations de f sur Df.
18
Un minimum, directement
Soit f(x)=5x2+3. Montrer que f(0)=3 est un minimum de f sur R.
19
Un maximum, directement
Soit g(x)=−4x2+1. Montrer que g(0)=1 est un maximum de g sur R.
20
Extremum via une forme canonique imposée
Soit f(x)=−4x2+4x+5.
1°) a) Montrer que f(x)=6−(2x−1)2 pour tout x∈R.
b) Montrer que f(x)≤6 pour tout x∈R.
2°) Calculer f(21) et en déduire les extremums de f sur R.
21
Tableau et courbe de ½x² et −½x²
Donner le tableau de variation et représenter la courbe de : 1) f(x)=21x2 ; 2) f(x)=−21x2.
22
Étude complète de f(x) = 2x² − 4x − 2
Déterminer Df.
Déterminer α et β tels que f(x)=2(x−α)2+β pour tout x.
Déterminer le tableau de variations de f.
Tracer la courbe représentative (Cf).
23
Étude complète de g(x) = −½x² + 2x + 1
Déterminer Dg.
Déterminer α et β tels que g(x)=−21(x−α)2+β pour tout x.
Déterminer le tableau de variations de g.
Tracer la courbe représentative (Cg).
24
Étude complète de f(x) = (−2x+1)/(2x−4)
Déterminer Df.
Déterminer α, β et k tels que f(x)=β+x−αk pour tout x.
Déterminer le tableau de variations de f.
Tracer (Cf).
25
Étude complète de f(x) = (2x+1)/(x−1)
Déterminer Df.
Déterminer α, β et k tels que f(x)=β+x−αk pour tout x.
Déterminer le tableau de variations de f.
Tracer (Cf).
26
Étude complète de g(x) = −x/(x−2)
Déterminer Dg.
Déterminer α, β et k tels que g(x)=β+x−αk pour tout x.
Déterminer le tableau de variations de g.
Tracer (Cg).
27
Lecture graphique : cubique et droite
Soit (Cf) la courbe de f(x)=x3−4x2+3 et (D) la droite d'équation y=−x−3.
Résoudre graphiquement f(x)=3, puis l'inéquation f(x)≤3.
Résoudre graphiquement f(x)=0 et l'inéquation f(x)≥0.
Résoudre graphiquement f(x)=−x−3 puis l'inéquation f(x)≤−x−3.
28
Deux courbes qui se coupent : parabole et droite
Soient f(x)=x2−3x−4 et g(x)=3x+12, définies sur R.
Tracer les courbes (Cf) et (Cg).
Résoudre graphiquement et algébriquement f(x)=g(x).
Résoudre graphiquement et algébriquement f(x)≥g(x).
Trouver les points d'intersection de (Cf) avec les axes du repère.
Généralités sur les fonctions · Mathématiques, Tronc Commun Sciences et Technologies, semestre 2.